Nelly Sachs, L’exil n’est pas un choix

📚 Nelly Sachs est une poétesse, dramaturge et traductrice germanique 🇩🇪, puis suédoise 🇸🇪, née en 1891 à Schöneberg, devenu quartier de Berlin aujourd’hui

Sa jeunesse à Berlin
Elle grandit au sein d’une famille de la grande bourgeoise, rêve de devenir danseuse, puis se passionne pour la poésie allemande. En 1921, aidée par Stefán Zweig, elle fait paraître son premier recueil de poèmes, Legenden und Erzählungen / Légendes et contes, mélancoliques et néo-romantiques, dont les thèmes principaux sont la nature et la musique.
L’entrée dans la vie intellectuelle
Dans les années 1920, elle commence à prendre part à la vie intellectuelle berlinoise et publie des histoires dans différents journaux, appréciées de la critique et du public.
Son père adoré meurt d’un cancer en 1930. Après l’arrivée des nazis au pouvoir, leurs amis et famille ayant pour la plupart fuient l’Allemagne, Nelly Sachs et sa mère vivent le plus discrètement possible.
Issue d’une lignée juive libérale, Nelly Sachs se rapproche de ses racines et accède à sa religion originelle.
Sous le régime nazi
On raconte qu’elle eut une longue liaison avec un homme divorcé, demeuré inconnu à ce jour, et qui, en tant que résistant, fut arrêté et torturé.
Nelly Sachs fut convoquée à plusieurs reprises par la Gestapo pour des interrogatoires et aurait assisté au martyre de son ami, le voyant « s’effondrer, frappé à mort ».
Dans des poèmes postérieurs, elle évoque un époux décédé dans un camp de concentration, mais jamais elle ne donna de détails sur cet homme aimé.
La fuite en Suède pour échapper à la déportation
À la fin des années 30, elle cherche des appuis pour fuir en Suède, auprès de Gudrun Harlan, nièce de l’écrivain et dramaturge Walter Harlan, ainsi que par le biais d’une lettre adressée au prince Eugen, frère du roi de Suède.
En mai 1940, elle peut enfin quitter l’Allemagne nazie avec sa mère et s’envole pour Stockholm, juste avant sa déportation. Les deux femmes vivent pauvrement, Nelly Sachs travaille parfois comme blanchisseuse.
Les années d’après-guerre
Ayant appris le suédois et effectué des traductions de poésie suédoise moderne en allemand, elle continue d’écrire des poèmes teintés de douleur et de mort, complainte de son peuple tourmenté.
Elle vit grâce à ses traductions, de manière modeste. Sa mère décède en 1950 et trois ans plus tard, elle obtient enfin la nationalité suédoise.
Le temps de la reconnaissance
Son œuvre est enfin distinguée dans le monde germanophone, publiée à Hambourg, Munich et Stuttgart en 1957 et 1959. Nelly Sachs est découverte par la jeune société littéraire de la République fédérale.
Cependant, malgré la reconnaissance et les prix, elle refuse de revenir en RFA. Elle demeure terrorisée par ce qu’elle a vécu et présente des signes de maladie mentale.
Les honneurs
La ville de Dortmund fonde le prix Nelly Sachs en 1961 ; en 1965, Nelly Sachs reçoit le prix de la paix de l’industrie du livre allemande en 1965, et le 10 décembre 1966, à l’occasion de son 75e anniversaire, le prix Nobel de littérature des mains du roi de Suède.
En 1967, elle doit annuler un voyage prévu en Israël sur avis médical, mais, dans un télégramme public, elle plaide pour que Günter Grass soit accueilli par l’Association des écrivains israéliens à Jérusalem.
Le 14 juillet 1967, elle est nommée citoyenne d’honneur de sa ville natale, Berlin
La disparition
Nelly Sachs meurt d’un cancer le 12 mai 1970 dans un hôpital de Stockholm.
Elle est enterrée au cimetière juif de Norra begravningsplatsen à Solna, au nord de Stockholm. Sa bibliothèque privée se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Stockholm
L’Exil n’est pas un choix 💔
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