Mes personnages : Tahar Agnelli, commissaire
L’autre jour, j’ai commencé à vous parler de mes copains les personnages. Réels ou fictifs, ils deviennent nécessairement sous ma plume un peu de moi-même. Je crois les tenir en main, quand soudain ils prennent leur liberté propre, et évoluent souvent comme ils le souhaitent.
Il y a aussi des personnages qui disparaissent. Je ne parle pas de ceux qui meurent pour les besoins de l’intrigue. Non, plutôt de ceux qui au fil de la relecture deviennent inutiles. J’ai même connu un personnage principal qui a cédé la place à un autre, beaucoup plus secondaire. Quand j’ai écrit la première mouture de Méfiez-vous des contrefaçons, le titre était différent et l’intrigue nettement moins dense. Bref, je n’ai pas été satisfaite.
Je ne sais plus de quelle façon le déclic s’est fait. Je crois que ce personnage secondaire m’a paru davantage porteur de
sens que celui que j’avais pris comme boussole de mon récit. Et le commissaire Tahar Agnelli est passé sur le devant de la scène. Quant à l’ancien personnage principal, il n’est plus que cité dans Méfiez-vous des contrefaçons. Moralité, vous êtes à présent obligé de relire le livre de bout en bout pour le trouver. 🙂
En voilà un qui s’est nourri de moult références, réelles, littéraires, voire même cinématographiques. Son nom d’abord. Comme vous l’aurez remarqué, il sonne un peu comme mon prénom. En italien, agnelli signifie (parait-il, je crois Reverso, je ne cause pas la langue transalpine) agneaux…


suffisamment bonne musicienne pour être la copiste des œuvres de son cher et tendre époux, serait à la source de partitions aussi géniales ?
insolite. Certains la détestent lorsque d’autres l’adorent. Les premiers la considèrent comme responsable de la mort prématurée de son premier mari, Gustav Mahler. Les seconds, bien au contraire, la présentent en victime du désir et de l’ambition des hommes, muse d’artistes aux talents multiples. Certains — et surtout certaines — ont même été jusqu’à en faire une icône du féminisme. J’aurais tendance à dire que les trois sont faux, ou en tous cas, ne tiennent nullement compte des multiples facettes d’une personnalité à la fois empathique et manipulatrice. Alma Mahler privilégiait surtout ses rapports avec les hommes, et surtout les hommes d’exception, voire les génies, en tous cas les hommes célèbres ou en passe selon elle de le devenir. Elle avait un don incomparable pour séduire les artistes installés – pensons à Gustav Klimt, Gustav Mahler, bien sûr – et aussi à flairer ceux qui allaient devenir les références de leur temps : Oskar Kokoschka, Walter Gropius, dans une moindre mesure Franz Werfel.