Happy !!!

Publié par Agnesb62 le

Voilà quelques semaines, je vous faisais part de ma semi-déception après avoir terminé un opus d’Arnaldur Indridason, Lesarnaldur indridason nuits de Reykjavik. Mais je ne me suis pas avouée vaincue. Finalement, tout auteur peut avoir une petite baisse de forme, car sans être aussi impressionnant que les premiers livres, Les nuits de Reykjavik n’était pas si mauvais que ça.
Le même jour, j’avais également acheté Étranges rivages. Et là, oui ! Le maestro est de nouveau bel et bien présent.

4ème de couv. :
« Erlendur est de retour ! Parti en vacances sur les terres de son enfance dans les régions sauvages des fjords de l’Est, le commissaire est hanté par le passé. Le sien et celui des affaires restées sans réponse. Dans cette région, bien des années auparavant, se sont déroulés des événements sinistres. Un groupe de soldats anglais s’est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville, d’autres pas. Cette même nuit, au même endroit, une jeune femme a disparu et n’a jamais été retrouvée. Cette histoire excite la curiosité d’Erlendur, qui va fouiller le passé pour trouver coûte que coûte ce qui est arrivé…
C’est un commissaire au mieux de sa forme que nous retrouvons ici ! »


Fil rouge de tous les romans dont Erlendur est le personnage central, la disparition et probable mort de son petit frère Bergur lors d’une incroyable tempête de neige nous a tous laissés à la fois perplexes et follement curieux d’en apprendre davantage.

Tout héros digne de ce nom doit avoir une face obscure. Erlendur, né dans les contrées reculées et magnifiquement sauvages d’Islande, ne déroge pas à cette règle qui connaît avec ce livre une espèce d’apothéose poétique et humaniste.

Il ne s’agit pas de résoudre une classique affaire de meurtre. Erlendur se replonge dans le drame qui a détruit ses parents et totalement désincarné sa propre existence. Au travers d’une remontée dans le temps, il cherche à comprendre ce qui est arrivé à son frère. Et c’est par le biais d’une immersion dans un autre passé, celui d’une femme disparue comme par enchantement au sein d’une tourmente hivernale, qu’il parvient enfin à dénouer l’écheveau de sa propre souffrance.

Je ne sais rien de l’Islande. Au travers de ses mots, avec une économie de moyens dont devrait s’inspirer certains de nos romanciers ampoulés, Indridason fait frémir la lande, chanter les fjords, chuchoter le silence. Les dialogues, à la fois efficaces et mesurés, les descriptions, teintées d’une poésie sauvage et sensuelle, les personnages, extraordinairement humanistes et souvent blessés au plus profond d’eux-mêmes, tous nous parlent de ce petit bout de terre maltraité par la modernité industrielle, dans un chant mélancolique et intensément empreint d’un douloureux et violent désespoir.

Ma crainte est qu’Erlendur ne revienne jamais du côté des vivants, dans cette bonne vieille ville de Reykjavik et qu’un héros de plus disparaisse de nos bibliothèques.
J’assume la contradiction. Après m’être plainte de l’ennui causé par Erlendur, le voilà qui me manque déjà. Et en même temps, je n’ai pas complètement tort puisque cet opus date de 2013 lorsque Les nuits de Reykjavik ont été publiées deux ans plus tard. Indridason a-t-il regretté d’avoir atteint trop rapidement l’aboutissement de son récit et délivré Erlendur de son terrible passé ? J’ai encore Le Lagon noir à lire, et Le duel, dont Marion Brem, future mentor d’Erlendur semble la « vedette ».

Je vais attendre un peu, digérer ces très beaux Étranges rivages…Dont la couverture très moche est un photo de Getty, pour ceux qui me suivent sur face de bouc… 😀

etranges-rivages


0 commentaire

Mpi Bardou · 10 avril 2016 à 9h50

Ah, Erlendur, un de mes héros favoris ! J’en ai plusieurs en retard, je vais me rattraper ! 😉

    agnesb62 · 11 avril 2016 à 8h52

    Oui, je sais Marie-Pierre que nous avons quelques penchants en commun… 😉

Francis Palluau · 11 avril 2016 à 8h43

Celui-ci, je vais me le procurer. Ça fait un moment que j’ai envie d’aborder cet auteur et vous allez me faire franchir ce pas, merci donc. D’autant plus que j’ai passé, il y a fort longtemps, une nuit en transit à l’aéroport de Reykjavic à discuter avec un français qui y vivait depuis dix ans, et ce qu’il me raconta de ce pays et de cette langue me reste encore en mémoire.

    agnesb62 · 11 avril 2016 à 8h51

    Oui, sans conteste, cet opus est un des meilleurs… Certes, vous connaîtrez la fin avant le début, puisque cet opus conclut le cycle Erlendur, mais rien ne vous empêche de lire les autres ensuite… Bonne lecture et j’attends votre avis 😉

      Francis Palluau · 11 avril 2016 à 8h56

      En général, je jette toujours un œil sur la fin quoi qu’il en soit. Les premières et les dernières lignes d’un roman sont un peu comme le ruban d’un paquet cadeau.

Elisa · 13 avril 2016 à 7h32

Alors je choisirai celui là quand je voudrais un polar sombre. Même si les histoires de mort d’enfant me sont toujours plus difficiles à lire…

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