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Mes humeurs

On ne peut pas plaire à tout le monde

J’en ai fait l’intéressante et inquiétante expérience avec le dernier extrait de chapitre des « tribulations d’une trentenaire », que je diffuse au fur et à mesure de sa rédaction sur mon blog. Je partage également l’information sur les réseaux sociaux, en particulier « Face de bouc », sur ma page et dans des groupes.

Je sais que cet opus peut sembler caricatural, et ce chapitre notamment. Cependant, nous sommes tous différents, nous n’avons pas reçu la même éducation, nous ne vivons pas  de façon similaire. A mon sens, c’est ce qui est passionnant dans « l’humain ».

Et je confirme que tout ce que je raconte dans ce manuscrit est le résultat de ce que j’ai entendu lors de coachings ou de bilans de compétences. Bien sûr, tous les prénoms et noms ont été modifiés, ainsi que les lieux, les situations ; personne ne peut s’y reconnaître.

L’héroïne est en fait constituée de plusieurs jeunes femmes. Mais elle est le fidèle reflet d’une génération, d’une classe sociale, bref, d’une certaine féminité française, n’en déplaise à certain-e-s.

Dans ce chapitre, si vous ne l’avez pas lu, je raconte un entretien à Pôle-Emploi.

Loin de moi l’envie de prétendre dépeindre de manière systématique ce qui se passe durant ce genre d’exercice. Chaque conseiller est unique, chaque entretien également. Cependant, pour en avoir moi-même vécu quelques-uns et pour en avoir entendu le récit de beaucoup d’autres, des similarités reviennent, quoi qu’on dise et pense. Je reconnais que la conseillère est particulièrement « vacharde » et « aigrie ». Mais elle « existe » ! Je l’ai moi-même rencontrée, sous des traits différents, et parmi mes coaché-e-s, il en existe qui ont été confrontés à ce type d’interlocuteur-trice.

J’ai donc partagé dans un groupe, je ne me souviens plus lequel et cela n’a aucune importance de le savoir, le post concernant cet article. J’ai reçu très vite un message personnel m’informant que quelques membres du groupe, notamment des femmes salariées de Pôle Emploi, avaient été blessées par ce qu’elles prétendaient n’être qu’une grossière caricature. Je comprends leur position, leur amertume, mais je répète que tout ce qui est raconté est totalement véridique et a été vécu « en vrai de vrai ». Pour être exacte, le chapitre est notamment le condensé de deux situations principales. L’entretien en lui-même et l’altercation qui démarre et finit le récit.

Pour ma part, en tant qu’ancienne chasseuse de tête, et coach, je peux vous certifier que j’en ai lu et entendu des vertes et des pas mûres en matière de critique de ces deux métiers. Les chasseurs de têtes sont des exploiteurs, les coachs, des guignols, les deux avides de « fric ». Je ne l’ai jamais pris pour une remise en question de ma pratique. J’ai parfois argumenté, histoire de tenter de modifier cette vision pour le moins réductrice. Je ne me suis jamais battue contre des moulins à vent, cela me fatigue. On m’a donc accusée de gagner ma vie sur la misère des gens, du style « on exploite les salariés et les chômeurs ». Sans doute, quelques-un-e-s s’adonnent à ce type d’exercice, pour ma part, cela n’a jamais été ma philosophie. Cela se saurait si j’étais riche à millions ! 🤣

En même temps, n’étant ni une méga-empathique (C’est mieux pour faire ces jobs), ni une sentimentale (idem), ce que pense les autres, je m’en moque un peu, tant que je me respecte moi-même ; je n’oblige personne à être de mon avis.

Partout il y a de bons et de mauvais professionnel-le-s. Je me souviens notamment d’une conseillère Pôle Emploi (à l’époque, encore ANPE), à l’agence du 12ème arrondissement près de la gare de Lyon. Cette femme, ultra-dynamique, petite et mince, à la crinière rousse éblouissante, et dont j’ai oublié le nom, qu’elle m’en excuse si par un hasard extraordinaire elle lit cet article, avait fondé un groupe de « temps partagé » et animait tous les vendredis matin une réunion pour booster les membres qu’elle avait choisis. Elle nous bluffait tous par son énergie, son enthousiasme, sa créativité. Mais pour une conseillère comme ça, combien ne sont que des exécutant-e-s croulant sous les dossiers, soumis aux quotas ? Je ne les juge pas, je constate, voilà tout. En face d’eux, il y a toujours des anciens salariés, professionnels en inter-contrat, qui aimeraient qu’on les accompagne mieux à retrouver un job et sortir de la spirale du chômage.

Ce qui m’a le plus surprise dans ce message d’une responsable de groupe Facebook qui m’a finalement « jetée » sans autre forme de procès ? Outre son sectarisme excessif, le fait que des membres, choqués par mon récit, ne cherchent pas à en discuter « réellement » sous le post, dans les commentaires. J’aurais répondu, pour expliquer la démarche. Non, on expulse, on dégage, on fait de l’entre-soi.

Quand je vois les posts, de plus en plus nombreux ces derniers mois, qui exigent que l’on soit « d’un côté ou de l’autre », où la vérité veut et doit être dictée, imposée, me prend une réelle crainte pour notre liberté.

Cela ne m’empêchera pas de poursuivre la rédaction de ce manuscrit, ni de dire et penser ce que je tiens pour juste, sans jamais obliger quiconque à être d’accord avec mes idées, mes valeurs, mes choix.

Bilan de Compétences autofinancement 2

Agnès Boucher, Auteure & Blogueuse

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