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Et le vrai sujet du livre, dans tout « ça » ?

Encore une fois, une 4ème de couverture m’a sacrément induite en erreur. Sans avoir vu le film, j’ai décidé de lire L’intérêt de l’enfant, dont le titre m’a laissée penser que le thème était clair et évident… Sauf qu’il n’occupe, grosso modo qu’une trentaine de pages dans un bouquin qui en compte 235, version Folio, et arrive autour de la… centième ! Bref, et le vrai sujet du livre, alors !?

Jugez par vous-même, 4ème de couv.

« Fiona Maye, juge spécialisée en droit de la famille, est passionnée par son travail. Elle en délaisse son mari, surtout depuis l’affaire Adam Henry. Cet adolescent de dix-sept ans est atteint de leucémie, mais les croyances religieuses de ses parents interdisent toute transfusion sanguine. Les médecins s’en sont remis à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona se rend à l’hôpital. Mais la rencontre avec Adam s’avère troublante et, indécise, la magistrate peine à rendre son jugement… Dans ce court roman, Ian McEwan allie avec justesse la froideur de la justice à la poésie qui imprègne ses personnages. Dans un style limpide, il crée une ambiance oppressante et déploie une étonnante complexité thématique. Les certitudes se dérobent : où s’arrête et où commence l’intérêt de l’enfant ? »

L’histoire d’Adam Henry, son cas assez tragique, n’est absolument pas le cœur de l’intrigue. Et la juge n’a aucune difficulté à rendre son verdict ! En revanche, on a droit à une énième description d’un couple de CSP+, britannique et sexagénaire, en train de se disloquer, pour finalement se reconstruire.

En résumé, le mari a un désir fou de batifoler une ultime fois. À défaut de pouvoir le faire avec sa légitime, il a opté pour une jeunette ; il pourra ainsi vérifier que sa libido est toujours en état de fonctionnement avant de sombrer dans la sénilité du dernier âge. Cette obsession a pour conséquence d’affaiblir considérablement ses neurones d’universitaire distingué.

En face, l’épouse, très digne, très froide, quasi psychorigide, n’a plus guère envie de faire des galipettes. Magistrate, elle pense surtout à son job avec un grand « J » ; elle nous la joue « pur esprit et droiture inflexible » en plonge le nez dans ses dossiers pour ne pas contempler le désastre qu’est devenu son couple ; dossiers dont le récit clinique et argumenté se révèle être la partie la plus intéressante du roman, même s’ils n’ont pas grand-chose à voir avec le « sujet » du livre, qu’il soit au final le drame vécu par Adam ou la vie conjugale de deux sexagénaires.

Pourtant, qu’un jeune homme de presque 18 ans refuse une transfusion sanguine qui le sauverait sans doute, parce que sa religion le lui interdit, cela valait quand même autre chose que ce récit ennuyeux, au démarrage interminable, ne dépassant jamais la troisième et rétrogradant très – trop – vite au point mort, sans jeu de mots ! 😤

Témoin de Jéhovah comme ses parents, Adam considère l’acte de transfusion comme une souillure et attend la mort comme le choix de Dieu. Soit. Lors de la rencontre avec la juge, celle-ci ne parvient à aucun moment à entamer ses convictions de croyant et finalement, c’est sa seule conscience de magistrate qui décide de l’avenir d’Adam. Elle choisit la vie, bien évidemment, et sauve le malade malgré lui.

On aurait aimé en savoir plus sur Adam, faire au moins sa connaissance, entrer à minima dans son cerveau, comprendre sa personnalité, ses doutes et ses enthousiasmes d’adulte en devenir. C’est lui le personnage intéressant, davantage que Fiona, à l’existence si banale, organisée et sans âme. Même la musique, classique ou jazz, elle l’intellectualise à outrance ! Bref, elle est très ennuyeuse. Mais Adam n’est que rapidement dépeint par son père ou une assistante sociale débordée.

Arrive ensuite une troisième partie foutraque, durant laquelle le mari confus revient, la tête (et la queue) basse, tandis que l’épouse méritante continue son boulot, appréciée par ses pairs. Adam fait une rapide apparition. Il a renié sa religion et poursuit Fiona de son admiration, voire de son adoration. Il lui déclame sa flamme dans des poèmes. On a bien compris comment fonctionnait la dame ; elle l’envoie sur les roses, c’est-à-dire qu’elle se la joue « je ne réponds pas à tes missives », ; et quand il fait irruption dans sa vie de manière intempestive et improbable, on a droit à un très léger baiser fatal qui conduit Adam à la mort.

Et voilà-ti pas que le couple se rabiboche sur un concert, et sur ce décès !

Bref, encore un roman ennuyeux, sans aucun relief, encensé par la critique, qui semble aimer tout et n’importe quoi. Je ne comprends décidément pas les goûts (ou complaisances ?) de ces professionnels du livre ; et je vais continuer à me méfier de leurs recommandations enflammées. 😉

Agnès Boucher, Auteure & Blogueuse

 

le vrai sujet du livre

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