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Je suis snob et j’ai un cœur de pierre

C’est ce que j’ai pensé, pour la énième fois depuis que je sais lire et apprécier une bonne prose, en découvrant les critiques de No et moi de Delphine de Vigan sur Babelio.

Tout le monde est « émotionné », voire « bouleversifié » par ce roman. En ce qui me concerne, je me suis prodigieusement ennuyée, pour rester polie, tant j’ai trouvé le style simpliste, scolaire, pour ne pas dire paresseux, et le propos gnangnan au possible, convenu et sans aucune imagination. 😤

Madame de Vigan fait partie de ces auteurs à la mode, que je ne lis pas, sans doute parce que je suis une fichue tête de lard. J’ai toujours détesté qu’on me dise ce que je dois lire, ce que je dois voir au cinéma ou au théâtre, et surtout ce que je dois a-do-rer. Moult films m’ont saoulée lorsque la critique les encensait et les romans contemporains ne me fascinent guère.

Vous me direz, méchante scribouillarde que tu es, comment oses-tu dénigrer des écrivains qui vendent et sont « célèbres », eux !

Oui, je sais… Je répondrai perfidement que Gide a été publié à compte d’auteur avant que son génie soit reconnu et que bien des compositeurs que j’aime sont morts quasiment dans la misère, en tout cas jamais riches de leurs gains. 😉

4ème de couverture :

« Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n’est à l’abri… »

Voilà, tout est dit. Une ado surdouée et mal dans ses baskets, affublée d’une mère neurasthénique depuis qu’elle a perdu un enfant de mort subite et d’un père qui fait ce qu’il peut, rencontre une SDF à peine plus âgée qu’elle, qui a vécu l’enfer depuis sa naissance. Elle décide de la sauver du destin qui semble lui être désespérément tracé.

Zola en mode Tati ? Absolument ! Pleine de bonne volonté, la charmante Lou – le petit génie – fait tant et si bien que ses parents accueillent No – pour Nolwenn – chez eux. Déjà, j’en connais peu qui feraient ce genre de choses. Mais bon… La suite ne dépare pas l’ensemble. La jeune fille parvient à trouver un job. Évidemment, son patron se révèle être un monstre, radin, esclavagiste, voire « père-maquereau » ; et que font les bons bourgeois ? La mère se ranime de la présence de la malheureuse dans son home sweet-home, le père s’en réjouit, ils se rabibochent et s’étonnent que ladite No retombe dans ses travers alcooliques et dépressifs. Jamais personne la prend entre quatre-z-yeux pour repérer le malaise, le mal-être et rechercher le moyen d’y remédier. À quoi bon la recueillir sous leur toit de bobos si c’est pour ne pas l’aider à s’en sortir réellement.

Je ne vous fais pas grâce de la fin ! Celle-ci est foutoir au possible ! Un beau copain de lycée de la jeune Lou – évidemment, elle en est amoureuse sans le savoir vraiment, mais tout en le devinant parce que quand même, elle est sacrément précoce ! – accepte No chez lui quand les parents de Lou la virent. Ah ! j’ai oublié qu’en ce qui concerne ce bel ado, son père est mort, sa mère vit à Neuilly avec un autre homme, et il profite seul d’un superbe appartement en plein Paris ! 😤

Bref ! Tout est bien qui finit bien ! No retourne à la rue, les parents de Lou sont de nouveau ensemble dans leur petit nid douillet et leur fille goûte son premier baiser.

Bon, je vais arrêter d’être méchante. Ce bouquin est destiné aux collégiens, même pas aux lycéens. Et encore, collégienne, je n’aurais pas franchement aimé ce genre de prose banale et fourre-tout. Quand j’ai appris que les libraires ont récompensé le livre en 2008, je me suis dit qu’à ce rythme, je ne mettrai bientôt plus les pieds dans une librairie !

Je PLAI-SAN-TE !!!!

Il semble que Zabou Breitman ait fait un film de ce récit. Dommage, j’aimais bien Zabou Breitman. 🤣

Dites-moi ce que vous avez pensé de ce « truc », et si je suis vraiment vacharde, ou juste lucide. Et si les autres bouquins de la dame sont « meilleurs » (pas compliqué à mon sens) et lesquels… Un jour de plage ! 🤣

Agnès Boucher, Auteure & Blogueuse

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0 réponse sur « Je suis snob et j’ai un cœur de pierre »

Il y a quelques années, je l’ai lu avec des apprentis. Ils avaient bien aimé le portrait de No et découvrir comment on présentait les SDF.
En tout cas, ta chroniques est drôle, incisive. Je ne voyais pas ce livre comme cela 🙂

Valérie, tu confirme ce que je pense. Ce bouquin est destiné à des gamins, pas des adultes. Pourtant, il est vendu pour des adultes et apparemment apprécié par certain-e-s d’entre eux… Ce que je trouve surtout déplorable, c’est le niveau d’écriture et l’encensement que cette prose occasionne, comme beaucoup d’autres auteur-e-s assez « bas de gamme »… Pauvre France, ta langue et ta culture fout le camp ! Après, que cet ouvrage serve à faire découvrir la situation des jeunes SDF à des ados en formation, je ne peux qu’encourager.

Tu confirmes 😉
Ta langue et ta culture foutent le camp 😇
Je suis désolé, je n’ai pas lu ce livre 😊
Belle journée.

En effet, il s’agit d’un livre pour les collégiens. Nous l’étudions notamment en 4ème et/ou en 5ème sur les thèmes qui englobent le fait de parler de la différence et de vivre avec les autres.

Pour ce qui est des autres livres de Delphine de Vigan, ils n’ont aucun rapport, pour la plupart. Celui-ci, du moins, il me semble, est vraiment adapté à un public jeune, tout comme le film d’ailleurs. Mais pour ce qui est du reste de ses œuvres, pas du tout. Elles ont d’ailleurs tendance à être très noires, notamment en ce qui concerne D’après une histoire vraie et Rien ne s’oppose à la nuit. Elle mélange fiction et autobiographie, c’est assez perturbant la première fois !

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